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La ville : palimpsestes et mutations - ebook/pdf
La ville : palimpsestes et mutations - ebook/pdf
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Wydawca: Wydawnictwa Uniwersytetu Warszawskiego Język publikacji: polski
ISBN: 978-83-235-1968-3 Data wydania:
Lektor:
Kategoria: ebooki >> naukowe i akademickie >> literaturoznawstwo, językoznawstwo
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Niniejsza praca zbiorowa traktuje o sposobach przedstawiania miasta w prozie narracyjnej francuskiej i frankofońskiej (Belgia, Algieria) ostatnich trzydziestu lat. Zgromadzone teksty kilkanaściorga badaczy z Polski, Francji, Niemiec i Czech dają swoistą panoramę tematów, autorów i metod interpretacyjnych, pozwalając uchwycić problematykę literackich przedstawień miasta w epoce przemian wyznaczonych przez takie pojęcia, jak deterytorializacja i reterytorializacja (Gilles Deleuze i Félix Guattari), postkolonializm, miejsca i nie-miejsca (Marc Augé) itd. Szczególną wagę przywiązują autorzy do kwestii decentralizacji miasta (w jego różnych materialnych i niematerialnych wymiarach) oraz przestrzeni miejskiej jako miejsca osadzania się pamięci indywidualnej i zbiorowej.

Praca w języku francuskim.

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L a v i l l e : p a l i m p s e s t e s e t m u t a t i o n s La ville : palimpsestes et mutations Sous la direction de Wiesław Kroker et Judyta Zbierska-MoÊcicka LA_VILLE_druk:Layout 1 12/18/12 12:34 PM Page 1 La ville : palimpsestes et mutations. Les représentations de la ville dans les littératures d’expression française après 1980. La ville – lieu, moteur et grand thème de la modernité – ne cesse de subir des mutations majeures, à l’époque qui est la nôtre : postmoderne, surmo- derne, celle dont le nom nous échappe. Stratifiées et rampantes, dé- et reterritorialisées (Deleuze et Guattari), métissées et (post)coloniales, alter- nant lieux anthropologiques et non-lieux (Augé), les villes appellent des mises en question de leurs modes de représentation littéraires et autres. Entre éclatement et (re)narrativisation, entre mosaïque et labyrinthe, entre patchwork et nœud de forces, la littérature regarde souvent avec attention « la forme d’une ville » pour dire le monde et pour se redéfinir. Les études réunies dans le présent volume permettent de cerner différentes représen- tations de la ville dans la prose narrative française et francophone d’aujourd’hui, les axes de recherche privilégiés étant, d’un côté, le décen- trement de la ville et les modes « archipéliques » d’en rendre compte, et, de l’autre, l’espace urbain en tant que lieu de sédimentation de la mémoire individuelle et collective. Le lecteur y trouvera des articles portant sur Jean Échenoz, Jean-Philippe Toussaint, François Schuiten et Benoît Peeters, Antoine Volodine, Annie Ernaux, Assia Djebar, Guy Vaes, Patrick Modiano et Alain Fleischer. www.wuw.pl/ksiegarnia ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== LA VILLE_str.tyt:Layout 1 12/18/12 12:35 PM Page 1 La ville : palimpsestes et mutations ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== LA VILLE_str.tyt:Layout 1 12/18/12 12:35 PM Page 2 ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== LA VILLE_str.tyt:Layout 1 12/18/12 12:35 PM Page 3 La ville : palimpsestes et mutations Les représentations de la ville dans les littératures d’expression française apres 1980 , Sous la direction de Wiesław Kroker et Judyta Zbierska-MoÊcicka ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== Rapporteur : prof. dr hab. Ryszard Siwek Maquette : Zbigniew Karaszewski Photographie en couverture : Wiesław Kroker Responsable éditoriale : Maria Szewczyk Responsable de fabrication : Beata Stelęgowska Composition : Beata Stelęgowska Ouvrage publié avec le concours de la Fondation de l’Université de Varsovie © Copyright by Wydawnictwa Uniwersytetu Warszawskiego, Warszawa 2012 ISBN 978-83-235-0830-4 Wydawnictwa Uniwersytetu Warszawskiego 00-497 Warszawa, ul. Nowy Świat 4 http://www.wuw.pl; e-mail: wuw@uw.edu.pl Dział Handlowy WUW: tel. (0 48 22) 55-31-333; e-mail: dz.handlowy@uw.edu.pl Księgarnia internetowa: http://www.wuw.pl/ksiegarnia Wydanie I ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 4 2012-12-12 22:00:57 INTRODUCTION Peut-on encore écrire la ville (la vie de la ville, la vie dans la ville), l’imaginer comme « paysage », la comprendre comme thème général ou encore chercher à la lire comme mythe (le « gouffre », le « para- dis ») ? Il semble qu’une telle ville, la vraie ville, celle qui donnait de la chair au décor, à l’intrigue et au romanesque, appartient au passé. On ne saurait indiquer le moment précis où la quête de la cité comme schéma explicatif de la pyramide sociale ou comme « aura » moder- niste, favorisant des explorations insolites, a véritablement disparu. Est-ce avec la fin des déambulations surréalistes, les préoccupations essentiellement formelles du « nouveau roman » et l’enlisement con- sécutif des écrivains dans ce silence existentiel que Maurice Blanchot associait en 1980 à une « écriture du désastre » ? Or, tandis qu’au tournant des années 1970 la ville littéraire semble coupée de la vie, de plus en plus abstraite ou simplement n’avoir plus de grâce aux yeux des écrivains, on assiste à un curieux retournement : tout se passe en effet comme si le besoin de retourner au Sujet, de le figurer au premier plan, relançait l’investigation de la ville − non pas tant comme territoire concret et reconnaissable des conflits et des passions, mais plutôt comme espace urbain, éprouvé à travers le tissu dont il est fait. Une nouvelle écriture se met en place, fragmentaire, en dérive, désorientée, celle qui cherche à tirer au clair quelque chose des métamorphoses incessantes de notre réalité urbaine devenue notre identité-monde, à s’adapter aux vertiges de notre temps où le virtuel se confond avec le réel. Entrée dans l’ère de la mutation perpétuelle, ramifiée, démesurée, à la fois chaotique et ordonnée, amalgamant les lieux (historiques, anthro- pologiques) et les « non-lieux » de la surmodernité où (selon Marc Augé) l’on ne fait que transiter, la ville, surtout la grande ville, impose désormais sa forme mobile et éclatée au récit. ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 5 2012-12-12 22:00:57 6 Józef KWATERKO Un des enjeux importants que les études réunies ici montrent amplement est précisément l’incidence qu’ont ces reconfigurations de la géographie de la ville sur l’émergence des fictions urbaines fuyant toute consistance romanesque, toute totalisation de sens, et qui se dérobent du même coup à toute détermination générique. Il est significatif à cet égard que la plupart des écrivains sollicités ici pour l’analyse n’accèdent qu’à des « savoirs urbains » parcellaires, à des points de vue limités, tout en restant conscients de la manière dont l’éclatement urbain imprègne leur écriture. D’où la multiplica- tion, au cours de ces trente dernières années, des formes narratives inusitées, inachevées, hybrides, jouant du reportage sociologique, du document ethnographique, de la note quotidienne, confondant journal réel et fictif, «  récit de vie  » et autofiction, ou encore se plaçant aux confins du récit graphique (propre à la bande dessinée) et de la « fiction architecturale » qui en constitue la trame. Cette observation nous conduit à un second aspect remarquable qui transparaît à la lecture de ce livre, celui de la variété des « prati- ques d’espace » (comme les désigne Michel de Certeau), c’est-à-dire des modes de présence active de la ville dans l’espace narratif, des façons de la pénétrer, de la traverser ou simplement de l’aborder par le regard. Sur ce plan − le titre de l’ouvrage même autorise cette généralisation − deux types de représentation ou de «  vision  » se laissent dégager, tout en s’entrelaçant et créant des zones de tension, plus ou moins affirmée : une vision kaléidoscopique, spatialisante, rivée aux surfaces et mieux adaptée au caractère mutant de nos mégacités ; et une autre qui, à l’image d’un palimpseste, reconstruit le présent de la réalité urbaine à partir des bribes de l’ancien, des traces obscures d’une durée, d’un passé individuel ou collectif. La première vision consiste à inventer des stratégies de la traversée ou du travelling qui montrent la vacuité de toute valeur culturelle de l’espace urbain. On le voit en particulier chez François Bon, Jean-Philippe Toussaint et Jean Échenoz qui traquent, l’œil aux aguets, le banal, l’insignifiant, l’ordinaire, donnant la priorité au terrain vague, aux zones désaffectées, éloignées de toute commu- nauté de vies, à la fois détaillées et figurées comme le dépotoir du développement urbain et d’une construction immobilière effrénée : murs délabrés des usines, édifices monotones, carcasses de verre ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 6 2012-12-12 22:00:57 Introduction 7 et de béton, barres de fer, clignotement bègue des néons. Si ce no man’s land postindustriel est objet d’une observation minutieuse, voire hyperréaliste (sous le double signe de la fragmentation et de la saturation visuelle et sonore), il rend surtout manifeste, parfois sur un mode ludique, une poétique de dé-liaison, de déréalisation ainsi qu’un souci d’effacement de soi et de dédramatisation de toute intrigue. Apparemment, une semblable vision, gouvernée par la dysphorie, hante les «  ethnotextes  » récents d’Annie Ernaux et la série de Cités obscures des auteurs belges, François Schuiten et Benoît Peeters. Comme chez les trois romanciers de Minuit, le récit traduit ici quelque chose du social, mais sans l’interpréter ou le remettre en cause. La différence réside cependant dans la revendication du « droit à la ville » sur un mode mineur, lorsque l’épreuve du vide, de la solitude et de l’anonymat s’enracine dans l’expérience du sujet. Ainsi chez Ernaux, la subjectivité sécrète des « effets de vérité » en accordant davantage l’attention aux marginaux, à la cacophonie publicitaire, au consumérisme vorace, à tous les simulacres de notre condition urbaine qui expriment une acculturation généralisée ; chez Schuiten et Peeters, le récit graphique instaure un dialogue ironique avec l’urbanisme fonctionnel et la folie planificatrice des «  villes nouvelles » à l’image de Bruxelles : structure gigogne, livrée au « fa- çadisme », à la refonte interminable et à la présence vertigineuse des gratte-ciel. À la différence de ces villes dépliées en surface et au premier plan, les villes-palimpsestes sont constituées de strates d’images, de feuilletage de voix, de discours et de langues. Ce sont des villes quelque peu amnésiques de leur passé qui mettent en scène, en arrière-fond de l’expansion urbanistique et des icônes architecturales, une crise ou une quête d’identité. On entrevoit cette approche chez le romancier belge, Guy Vaes, où la ville d’Anvers est arpentée dans un état méditatif ou rêveur  ; réellement habitée et ambiguë, elle ne cesse d’être réactivée par les traces éphémères d’une géographie sentimentale. Qu’ils récupèrent le polar ou le roman d’espionnage, les déplacements parisiens chez Patrick Modiano semblent pos- séder la même fonction  : la rêverie urbaine y reflète une hantise personnelle, figure un parcours de type initiatique, susceptible de livrer une vérité sur le passé du narrateur sinon de la signaler derrière ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 7 2012-12-12 22:00:57 8 Józef KWATERKO l’opacité d’une identité familiale. On découvrira également dans ce livre d’autres villes-textes qui représentent avant tout un espace psychique et dont la valeur palimpsestique est à débusquer dans le plissement du silence et de la mémoire, à la frontière du dit et du non-dit, du souvenir et de l’oubli. Tel ce « Yiddishland » chez Alain Fleischer, quartier juif de Budapest dont il ne reste rien − « angle mort  » habité uniquement par la mémoire lancinante du géno- cide. Telle sera Oran, cette ville d’origine présente-absente sous la plume d’Assia Djebar, hantée par une langue perdue, marquée par la violence meurtrière et, en même temps, ranimée sur un mode spectral, en filigrane d’une mémoire exilique et migratoire comme un «  lieu  » ou un «  devoir  » de mémoire. Telle sera enfin l’image onirique de cette «  post-ville  » d’Antoine Volodine  : une ville qui a subi une innommable catastrophe et qui rend possible une allégorie politique sur notre mutisme contemporain, révélatrice d’un monde sans temporalité, déshumanisé, renfermant des naufragés de l’Histoire, et, en même temps, nous interpellant sur les possibilités d’une nouvelle inscription historique. Un dernier trait est à noter qui rend attirante la lecture de ces multiples imaginaires de la ville. Les rédacteurs ont laissé à ce volume son caractère de trajectoire, intégrant un corpus de textes tout à la fois ouvert, s’éclairant mutuellement, et fertile à des outils d’analyse diversifiés. Cette disponibilité permet d’observer comment à travers une pluralité des prismes et des reflets de la ville peuvent se combiner une variété de prises critiques et d’analyses différentiel- les. L’intérêt d’une telle démarche est indéniable. Il tient justement à cette conjugaison incontournable des études littéraires (où les perspectives thématiques et sociocritiques côtoient les nouvelles approches géocritiques) et des recherches récentes en études urbai- nes, en ethnologie, en sociologie et en sciences de la communication. Pour ceux qui s’intéressent aux jeux et enjeux des représentations urbaines dans la littérature contemporaine d’expression française, un tel «  espace des possibles  » signale toute une imagerie urbaine en attente de nouveaux déploiements poétiques, de nouveaux regards et débats critiques. Józef Kwaterko Université de Varsovie ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 8 2012-12-12 22:00:57 LA VILLE DES ÉCRIVAINS DE MINUIT ET LA CRISE DE LA REPRÉSENTATION Dans leur introduction à l’un des plus importants recueils consacrés ces derniers temps au sujet de la ville, Maria Balshaw et Liam Kennedy soulignent que les discours contemporains « mettent en question des conceptions traditionnelles de la ville considérée comme une totalité synthétique, et laissent à penser que la catégorie de la ville perd sa cohérence ou sa lisibilité1 ». Ce propos présuppose donc qu’à l’époque de la postmodernité, ou de la modernité tardive – pour le moment, peu importe l’appellation –, a eu lieu ou bien a toujours lieu un changement dont le point de départ est (ou a été) une « ville » cohérente et lisible, et dont le point d’arrivée est (ou sera) une « ville » dispersée et opaque. Le mot « ville » est mis entre guillemets parce qu’il est clair qu’il ne s’agit pas là d’une « réunion organique et relativement considérable de constructions », comme définit ce mot Le Petit Robert, mais – pour reprendre les termes de Balshaw et Kennedy – d’une « conception », d’une « catégorie » de la ville ; d’une vision, d’un discours, pourrait-on ajouter. Il n’y a là, dans ce constat d’un changement, rien de révéla- teur : il ne fait que répéter le lieu commun de tous les discours qui essaient d’opposer le moderne et le postmoderne en les ramenant à la «  totalité  » et à la «  cohérence  », d’une part, et au fragment et à la dissémination, de l’autre. Alors que, bien évidemment, les choses sont beaucoup plus complexes, comme le fait remarquer, par 1 Balshaw M., Kennedy L., « Introduction : Urban Space and Representa- tion », dans Urban Space and Representation (dir. Balshaw M. et Kennedy L.), London, Pluto Press, 2000, p. 1. ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 9 2012-12-12 22:00:57 10 Tomasz SWOBODA exemple, Bertrand Westphal qui, dans l’introduction à sa Géocritique, rappelle que « le postmoderne s’ingénie […] à établir le règne d’une cohérence holistique… mais dans l’hétérogène2  ». Il faut toutefois rendre justice aux éditeurs du recueil Urban Space and Representation parce qu’ils ne parlent pas d’un changement définitif de paradigme mais d’une « mise en question » ; on n’aurait donc pas affaire à une métamorphose mais plutôt à une modification, à un glissement. Ce dernier terme est d’autant plus approprié pour parler des discours sur la ville que celle-ci, comme l’affirme Rob Shields, est elle-même «  une notion glissante qui va et vient entre une idée abstraite et une matière concrète3 ». Cette oscillation ne permet pas aux discours qui cherchent, sinon à la fixer, du moins à la jalonner, de saisir ce qui ne cesse pas d’échapper à l’emprise du langage, et qui constitue pourtant, depuis au moins deux siècles, à la fois un fonde- ment spatial et un objet important de la communication humaine. Ce paradoxe n’en est pas un, ou plutôt il n’est qu’apparent si l’on prend en considération la mise en question du pouvoir référentiel du langage ou bien, plus généralement, la crise contemporaine de la représentation4, œuvre de tout le courant poststructuraliste, ainsi que les transformations qui s’effectuent au sein et autour des villes. En effet, s’il est difficile de ne pas être d’accord avec l’affirma- tion de Christina Horvath selon laquelle «  la notion même de la contemporanéité semble définitivement liée aux grandes métro- poles  »5, il n’est pas possible non plus de négliger le fait que ces métropoles mêmes « glissent » vers ce que Edward W. Soja n’arrive pas à appeler autrement que «  postmétropoles  », en mettant en avant leurs nouveaux aspects tels que la flexibilité, l’exopolitisme, la métropolarité, ainsi que les simulacres et les archipels qui président 2 Westphal B., La géocritique : réel, fiction, espace, Paris, Minuit, 2007, p. 11. 3 Shields R., « A Guide to urban representation and what to do about it : alternative traditions of urban theory », dans Re-Presenting the City : Ethnicity, Capital and Culture in the Twenty-First Century Metropolis (dir.  King A.  D.), Basingstoke, Macmillan, 1996, p. 235. 4 Voir par exemple Greene M., « Postmodernism and the Crisis of Representa- tion », English Education, vol. 26, no 4, décembre 1994, p. 206-219. 5 Horvath Ch., Le roman urbain contemporain en France, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p. 8. ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 10 2012-12-12 22:00:57 La ville et la crise de la représentation 11 à leur fonctionnement6. Ces nouvelles formes, toutefois, loin de faire disparaître la métropole moderne, s’y superposent, s’y juxtaposent et s’y articulent pour créer des ensembles complexes de structures et de rapports7. L’homo sapiens reste donc l’homo urbanus mais le polis dans lequel il vit ne cesse pas de changer, de même que le « discours de la ville », dont Jean Baudrillard dit, dès 1970, qu’il est constitué d’éléments on ne peut plus dynamiques : « mobiles, désirs, rencon- tres, stimuli, verdict incessant des autres, érotisation continuelle, information, sollicitation publicitaire8. » Et comment, sur ce terrain glissant et multiple, se débrouillent ceux que, faute de meilleure solution, j’appellerai ici « écrivains de Minuit » ? Or, parmi les traits communs de leurs œuvres, relevés par la critique, se trouve celui-ci : « Les personnages y sont des pèlerins sans obéissance, des randonneurs d’horizons inconnus, des trotteurs de la cité moderne, sans but ultime, mais friands d’aventures quoti- diennes9. » Il n’est pas sans importance que cette citation provienne d’un texte dont l’objet est Jean Échenoz, l’un des observateurs les plus perspicaces de ces « discours de la ville » dont parle Baudrillard. Il en va de même pour François Bon dont l’univers romanesque est «  sans doute un des plus urbains de la littérature contempo- raine10 ». Néanmoins, les œuvres de Bon et d’Échenoz serviront ici seulement de points de repère dans ma lecture de quelques romans récents du troisième des «  écrivains urbains de Minuit  », à savoir Jean-Philippe Toussaint11. 6 Soja E.  W., Postmetropolis : Critical Studies of Cities and Regions, Oxford, Wiley-Blackwell, 2000. 7 Id., « Six discourses on the postmetropolis », dans Imagining Cities : Scripts, Signs, Memory (dir. Westwood S. et Williams J.), London – New York, Routledge, 1997, p. 20. 8 Baudrillard J., La société de consommation  : ses mythes, ses structures, Paris, Denoël, 1970, p. 87. 9 Houppermans S., Jean Échenoz, étude de l’œuvre, Paris, Bordas, coll. « Écrivains au présent », 2008, p. 164. 10 Garric H., Portraits de villes. Marches et cartes : la représentation urbaine dans les discours contemporains, Paris, Honoré Champion, 2007, p. 497. 11 Seront donc mis de côté des romans urbains aussi importants que, par exemple, La Sorcière de Marie Ndiaye (Paris, Minuit, 1996) ou Paris-Brest de Tanguy Viel (Paris, Minuit, 2009), qui à eux seuls fourniraient assez de matériau pour l’analyse. ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 11 2012-12-12 22:00:57 12 Tomasz SWOBODA Ces trois écrivains représentent aussi une grande tendance dans la littérature contemporaine qui comprend des processus tels que la « renarrativisation du texte »12, le « retour du texte au monde »13 ou bien le «  retour au réel14  ». À cette nuance près que, surtout chez Échenoz et Toussaint, dans une moindre mesure chez Bon, ce retour s’accompagne d’un surplus de distance envers la matière narrative, de sorte que l’on peut parler, à propos de leur écriture, d’une espèce d’« hyperréalisme »15 ou bien de « renarrativisation ironique16 ». Dans le cadre de celle-ci – caractérisant d’ailleurs, selon Richard D. Lehan, la plupart des récits postmodernes, dont le modèle reste la prose de Thomas Pynchon –, « les éléments mythiques, historiques, esthéti- ques et éthiques du modernisme  » se trouvent dévalorisés ou parodiés17. Dans le cas de la représentation de la ville, cela peut se manifes- ter, par exemple, sous la forme de l’imbrication de la ville et du texte même, de leur interpénétration, de la mise en relief du caractère textuel de la ville où cette dernière, avec le labyrinthe de ses rues, devient une métaphore de la narration elle-même18. Il ne s’agit pas pour autant des «  villes en papier  », caractéristiques des grands prédécesseurs d’Échenoz et de Toussaint aux Éditions de Mi- nuit19. Que leurs villes, comme celles de François Bon, soient tisées 12 Kibédi Varga A., « Le récit postmoderne », Littérature, no 77, février 1990. 13 « Au crépuscule du structuralisme, le texte fictionnel est rentré dans le monde pour s’y installer à son aise » (Westphal B., op. cit., p. 18). 14 Viart D., Le roman français au XXe siècle, Paris, Hachette, 1999, p. 121. 15 Voir  Douzou C., «  Le retour du réel dans l’espace de Jean Échenoz  », dans Jean Échenoz : « une tentative modeste de description du monde » (dir. Jérusalem Ch. et Vray J.-B.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2006, p. 101-112. 16 Voir Gontard M., « Le postmodernisme en France : définition, critères, périodisation », dans Le temps des lettres, quelles périodisations pour l’histoire de la littérature française du XXe siècle  ? (dir.  Touret M. et  Dugast-Portes F.), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2001, p. 283-294. 17 Lehan R. D., The City in Literature : An Intellectual and Cultural History, Berkeley, University of California Press, 1998, p. 267. 18 Voir Winspur S., « On city streets and narrative logic », dans City Images : Perspectives from Literature, Philosophy, and Film (dir.  Caws M.  A.), New York, Gordon and Breach, 1991, p. 60-70. 19 Tadié J.-Y., Le roman au XXe siècle, Paris, Pierre Belfond, 1990, p. 162. ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 12 2012-12-12 22:00:57 La ville et la crise de la représentation 13 de citations culturelles et littéraires20, cela ne signifie pas qu’elles n’ont pas d’épaisseur ni de profondeur. Mais il y a des passages, des phrases, voire des mots isolés qui attirent l’attention du lecteur plutôt sur eux-mêmes que sur la ville et, remplissant ainsi la fonction poétique du schéma classique de Jakobson, contribuent à une sorte de déréalisation de l’image et à sa fragmentation, comme dans l’emploi fréquent des mots « réverbère » et « gyrophare » dans La vérité sur Marie de Toussaint, ou bien dans ces anaphores de François Bon : Ville de circulation sans visage, Ville de trajets refaits, Ville de niches assemblées où disparaît le singulier, Ville des comptes assénés et d’une mesure quantitative des hommes […]21. Il ne s’agit pas ici, en tout cas non seulement, de présenter de multiples facettes de la ville mais de mettre en relief sa fragmenta- tion, à laquelle correspond la fragmentation du texte. Chez François Bon, les lois optiques et la logique de la narration ne permettent d’avoir qu’une vue très limitée sur la ville, dont l’exemple le plus significatif est, bien sûr, le roman intitulé Limite où, comme le dit Henri Garric, « il n’y a pratiquement pas de vue urbaine22 ». Alors que François Bon présente la ville comme un être composi- te mais – surtout dans Décor ciment – plutôt immobile, Jean Échenoz, conformément à sa vision du monde et à sa tendance à accélérer la narration, montre très souvent la ville « à grande vitesse ». Ce pro- cédé lui permet, par exemple, de donner l’image de Paris condensée en quelques phrases : Le taxi ondula autour de la République et descendit le boulevard Saint- Martin. Abel regardait défiler les grands boulevards, long et large ruban de bitume presque droit, bordé de trottoirs et de toutes sortes d’édifices, de choses et de gens, très peu d’animaux, et qui changeait de nom tous les quatre cents mètres. À ces changements de nom semblaient correspondre des changements de style, architecturaux, économiques, tonaux, climatiques peut-être. De la République à la Madeleine se déroulait aussi un long proces- sus métamorphique en saccades, par segments23.  20 Voir, par exemple, le jeu intertextuel avec Rimbaud et Montaigne dans Décor ciment, analysé par Garric H., op. cit., p. 523-524. 21 Bon F. , Impatience, Paris, Minuit, 1998, p. 48. 22 Garric H., op. cit., p. 503. 23 Échenoz J., Le Méridien de Greenwich, Paris, Minuit, 1979, p. 236. ##7#52#aSUZPUk1BVC1WaXJ0dWFsbw== L_ville(2).indd 13 2012-12-12 22:00:57
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